Lundi 27 février 2012 1 27 /02 /Fév /2012 08:00

kwak72 La lettre remise par les deux flics est restée accrochée dans l'entrée, un jour puis deux jusqu'à six. Six jours durant lesquels je me serai interrogé (papier-caillou-ciseaux), où j'aurai tenté de repousser fatigue, pulsions et décisions le plus loin possible et où je ne serai parvenu qu'à effleurer le monde. Six jours où apparaître et disparaître, parfois dans le même geste (friture sur la ligne, voix sourde, fil cassé).

Jusqu'à ce que quelqu'un ait l'idée de grimper les trois étages : un type derrière la porte, gilet caramel, casquette de base-ball, un carton dans les bras.

Kwakizbak m'a fait livrer un tableau noir ainsi qu'une boîte de craies blanches. L'éponge, un cadeau de la maison, a dit le livreur mais moi je n'avais pas envie de retourner à l'école. Comme il a deviné que j'allais refuser colis et cadeau de la maison, avant de tourner les talons il est parvenu à me faire signer le bon de livraison qu'il a enfoncé dans la poche de ma chemise et, tandis qu'il contournait le tableau d'écolier dans l'entrée, il s'est retourné et m'a dit que je pouvais désormais ouvrir la lettre. Alors il a filé.


tu feras des bâtons aligneras les bâtons

 ǀ et ǀ ǀ puis ǀ ǀ ǀ comme ça jusqu'à ǀ ǀ ǀ ǀ

et le cinquième les rayera tous

tu fabriqueras des haies

une ǀ ǀ ǀ ǀ deux ǀ ǀ ǀ ǀ dix ǀ ǀ ǀ ǀ

cent ǀ ǀ ǀ ǀ mille ǀ ǀ ǀ ǀ ou plus

puis je les franchirai

hop ǀ ǀ ǀ ǀ hop ǀ ǀ ǀ ǀ hop ǀ ǀ ǀ ǀ hop ǀ ǀ ǀ ǀ hop ǀ ǀ ǀ ǀ hop ǀ ǀ ǀ ǀ

quand on aura tout effacé

tu auras oublié tout ce temps passé à attendre

ton sacré k


J'ai d'abord aligné les bâtons, fait comme il avait dit, les haies, côté pile côté face. Et comme il n'y avait plus de place, soudain j'ai tout avant de brancher le jet d'eau, de trouver une éponge et d'effacer le mot fin.

 

 

 
• Fin de la saison 1 de Kwakizbak
juillet 2011 — février 2012

 


Par Christophe Grossi - Publié dans : Kwakizbak
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Mardi 21 février 2012 2 21 /02 /Fév /2012 08:00

kwak71 On a toujours prétendu que Kwakizbak ressemblait à tout le monde et à personne en particulier, qu'on pouvait passer à côté de lui sans le remarquer, sans même le voir. Du coup il n'achetait pas de billet quand il montait dans un train puisque jamais aucun contrôleur ne le lui réclamait. Sauf une fois. L’un d’eux s'est arrêté à sa hauteur mais c'est sans conviction qu'il a ouvert la bouche ; quand il a répété sa question son oeil droit papillonnait : on aurait dit qu'il regrettait déjà. Kwakizbak a répondu qu’il lui avait déjà poinçonné son billet. Et l’autre s’est excusé : Je m'en doutais. Depuis, Kwakizbak s'amusait régulièrement à interpeller les contrôleurs qui ne se retournaient pas. Jamais personne ne l'entendait.

Hier, un train a déraillé. Il n'y a que des blessés, a-t-on pu entendre à la radio, mais cet accident a provoqué des retards importants blablabla. Puis, au fil des heures : peut-être un blessé grave........ une personne gravement blessée........ un passager entre la vie et la mort........ un voyageur meurt des suites de ses blessures........ cette collision a fait une seule victime mais on ne connaît pas encore son identité. Et ce matin : un passager est mort hier vers 21:30. Le train okcorral 67876 se trouvait à proximité de Zscerberhre, district 66, quand il a percuté un véhicule, immatriculé 999FN**, arrêté en pleine voie pour des raisons encore inconnues. La victime aurait eu au moment de sa mort un taux de 4,2° d'alcool dans le sang, une photo et une lettre dans la poche de sa veste.

— C'est bien vous sur cette photo ? me demande un premier flic tandis que l'autre me tend une enveloppe.
— C'est bien votre nom ça ?
— Oui c'est moi ici et là.
— Vous pouvez le prouver ?
— Que je suis bien sur cette photo ?
— Jouez pas au con, il y a mort d'homme.
— (...)
— Il vous faudra reconnaître son corps.
— Non, je n'irai pas. N'insistez pas. Trop loin. Toute cette route, vous n'imaginez même pas, et ces kilomètres pour... pour rien, pour un type qui se réincarne quand il veut, c'est trop me demander, non vraiment non, demandez à un lecteur ou à une lectrice d'y aller. Mais trouvez-les vous-mêmes. Ici on ne fait pas dans le cafardage.
— Tu m'écoutes jamais (dit le premier flic au deuxième), je t'avais dit qu'il allait nous faire perdre notre temps ce webeux.
— Attends deux minutes... Y a quoi dans cette lettre ?

Par Christophe Grossi - Publié dans : Kwakizbak
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Vendredi 17 février 2012 5 17 /02 /Fév /2012 08:00

oloé_anne_savelli_montreuilAnne Savelli a passé une bonne partie de l'année 2011 en résidence d'écriture à Montreuil (et Dita Kepler, l'un de ses avatars, sur déboîtements). Comme cette résidence touche à sa fin, la bibliothèque Robert-Desnos, pour fêter cette année pleine en écriture, en lectures, en ateliers et en rencontres, organise une soirée lors de laquelle la part numérique du travail d'Anne ainsi que celle d'auteurs qui aujourd'hui explorent les possibilités de cet outil (texte et photo, son et vidéo, édition numérique, réseaux sociaux) seront mises en avant.

Ce mercredi 22 février à partir de 19 heures dans la salle Boris Vian, on y lira des textes, on y projettera des images, on écoutera de la musique. Peut-être qu'on y parlera aussi d'écriture web, de publications numériques, de vases communicants, de twitter, de la ville, d'endroits où lire où écrire. Et chose certaine : on boira un verre, après.

Interviendront Hélène Clemente et Juan Clemente, ses éditeurs chez D-Fiction, et pour publie.net, Pierre Ménard ainsi que Joachim Séné (auteurs dont il a souvent été question ici ou sur le blog ePagine). J'aurai également l'honneur d'y participer. Ce sera d'ailleurs ma première lecture publique. J'y lirai là un texte inédit à ce jour et qui sera très prochainement publié en numérique dans la revue de villes des éditions Urbain, trop urbain : Shanghai Nø city guide.

La bibliothèque Robert-Desnos de Montreuil se trouve ici, le long du boulevard Rouget-de-Lisle, au numéro 14, à deux pas de la sortie Mairie de Montreuil (ligne 9). On y entre librement. On peut même réserver sa place, son vestiaire, son verre de vin, sa cacahuète, à ce numéro : 01 48 70 69 04.

La photo qui accompagne ce billet a été prise par Anne à Montreuil en 2011.

Par Christophe Grossi - Publié dans : réclame
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Mardi 14 février 2012 2 14 /02 /Fév /2012 09:00

kwak70 Tout a l'apparence d'un quelconque jour de n'importe quelle semaine. Sans affolement intempestif ni cadavres dans le placard, sans poupée à dégonfler ni voisin à dédommager. Un jour comme les autres, sans Kwakizbak. Un jour de plus où chercher la petite boîte, l'ouvrir, prendre entre ses doigts les pilules jaunes – mardi, donc – et les avaler.

Se traîner jusque dans la salle de bain. Dos au miroir attendre qu'il y ait assez de buée pour lui faire face. Choisir quelle chanson fredonner avant de lancer la machine à laver et sortir. Se mêler à la foule en écoutant en boucle une musique de Carnaval et faire plusieurs fois le tour du pâté de maisons en vérifiant que les caniveaux sont bien dégagés.

— Personne ne m'a pas encore dit comment parler à quelqu'un d'autre qu'à moi.

En général tout se passe bien, surtout le mardi. Sans doute parce que les gosses sont à l'école, les maraîchers dans un autre quartier, les flics au PMU et les dealers en RTT. Le mardi personne ne m'accoste jamais et je fais bien gaffe de ne heurter personne, même pas en pensées. Ce matin encore je marche l'air détendu, sans masque, sans tordre la bouche, sans jamais crier. Dedans je porte une montagne ou c'est plutôt la montagne qui cherche à m'écraser mais personne ne le sait. Je devrais rebrousser chemin, puisque je peine à franchir chaque seuil, mais je préfère continuer et faire comme si de rien n'était. Mais soudain quelqu'un m'arrête. Un peu plus loin, un autre. Puis une femme. Deux femmes et un homme. Plus vieux. Des gens de tous âges m'abordent, me questionnent.

— Vous n'auriez pas encore grandi ?

Je ne vois pas où ils veulent en venir. Je pense d'abord à un coup monté par Kwakizbak depuis la face cachée du monde. Je prononce son nom, au cas où. Ce sont mes seuls mots (ou plutôt le seul mot, son nom, mais répété plusieurs fois). Personne ne semble comprendre. Et comme je rentre, les dents grincent. La montagne s'est attaquée à mes mâchoires. Je déguste.

Je pousse la porte de la chambre de Kwakizbak et ouvre son armoire. Je sais qu'elle dissimule un miroir, qu'il permet de se voir en pied quand on recule. Force est de constater que le bas de mon pantalon m'arrive aux genoux et que mon sweat à manches longues n'est plus qu'un T-shirt. Je cours dans ma chambre, passe un autre pantalon, un pull, un jogging, des trucs en bas et des machins en haut mais à chaque fois c'est la même chose : tout a rétréci. Il s'est passé quelque chose pendant la nuit. Quelqu'un est venu remplacer mes habits ou les a fait bouillir. Ça ne peut être que ça. Quoi d'autre sinon ?

Je voudrais en avoir le coeur net. Je cherche dans mon carnet l'adresse d'un professionnel de la profession en qui j'ai confiance. On jouait aux fléchettes dans le poulailler du voisin quand on était gosses.

— Mesure-moi maintenant.

Almidal, qui est croque-mort, ne comprend pas ce qui m'arrive.

— Tu vas devoir choisir un cercueil plus grand, je ne vois que ça.

Par Christophe Grossi - Publié dans : Kwakizbak
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Vendredi 10 février 2012 5 10 /02 /Fév /2012 08:00

kwak69 « J'ai passé quelques jours en compagnie de Kwakizbak dans les plaines de Krigouly il y a une dizaine de jours de cela, m'écrit Yapaktoi (conchyliologue, morphinomane et amateur d'eunuques qui vient de fêter ses quatre-vingt-dix-huit ans). Il nourrissait des girafes neurasthéniques en s'aidant d'échasses et d'échelles bricolées. Il faisait d'ailleurs le bonheur des enfants et les adultes l'ont adopté immédiatement. Dommage que vous n'ayez pu voir avec quelle adresse il se déplaçait ! On avait beau lui dire, Descends descends viens manger viens te reposer lire ton courrier dors un peu, il disait toujours, Non je vois mieux d'où je viens là où je suis. Autant dire qu'on le croisait rarement les pieds sur terre. Et ses échasses il ne les abandonnait que pour ranimer ses patientes puis, une fois qu'elle étaient revenues à elles, alors seulement il filait. Une fois je lui ai dit, Kwak t'es beau comme ça sur tes échasses droit comme un i et lui m'a répondu, C'est parce que le i est rouge. Vous voyez, il n'a pas changé... Et puis il est bien conservé pour son âge et toujours aussi distingué (la dernière fois que je l'ai vu il n'avait pas quarante ans pourtant). Les enfants s'amusent beaucoup de sa mèche grisonnante et rebelle qui dans le vent s'agite et fait coucou aux passants qui, du coup, le saluent aussi et soulèvent alors leur galurin ou leur chien quand ils ne sont pas couverts. (Ils ignorent que Kwakizbak était un grand dresseur de mèches rebelles quand il était plus jeune.) »

La semaine dernière Mistika aurait partagé un ragoût de lapereaux aux olives avec lui au milieu d'un quelconque désert, Luquéjean l'aurait aidé à poncer une croix de quatre mètres de haut, Kudakud, une de ses anciennes maîtresses, reçoit chaque jour depuis sa disparition une carte postale sur laquelle il colle des tickets de caisse, entourant à chaque fois des numéros qui devraient avoir un rapport étroit avec ceux de la loterie nationale. Rien en revanche du côté de Shelle et de Myakhda. Rien de neuf ici non plus. Je sais juste qu'il ne demande pas de mes nouvelles, qu'il ne relève pas ses courriels et qu'il me tiendra au courant de son retour, dixit Elizaleg avec qui il aurait eu une longue discussion dans un musée pourtant fermé depuis deux ans pour cause de tableaux volés.

Par Christophe Grossi - Publié dans : Kwakizbak
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Lundi 6 février 2012 1 06 /02 /Fév /2012 08:00

kwak68« Mon cher Kwaky,

J’ai toujours eu un faible pour les bandits de grand chemin, les cow-boys mélancoliques, ceux qui détroussent, pillent, dévalisent, les gentlemen cambrioleurs, les dandys de la tire. Parce qu'ils sont passés de l'autre côté du chemin des mortels, parce qu'ils ont osé, oui ceux-là, ces poètes qui connaissent tant le sens de la propriété que leurs actes les honore, je les trouve beaux et pathétiques.

Mon hors-la-loi traverse les territoires, les frontières ; s'il est chez lui partout, il n'a pas de maison. C'est un nomade qui a de multiples compagnons, des camarades sûrement, mais personne sur qui réellement compter. Il est entouré de vauriens, de marginaux, de fondus, de tordus, d'idéalistes, de voyous, de gens qui meurent souvent très jeunes et il doit être prudent, se méfier des chasseurs de primes, des vautours, des jaloux, de ceux qui bouffent à tous les râteliers, des détectives privés, des hordes de flics, des miliciens, des balances et de tous ceux qui détestent les solitaires. S'il a une famille, il ne la voit pas très souvent et elle ne sait jamais à quoi il occupe son temps hors de la maison. C'est un homme d'affaires, un homme affairé, généreux et seul. C'est un poète, un imprudent aussi détesté que craint et qui sait rendre au monde entier la monnaie de sa pièce, cette haine de l'autre, de l'étrange.

Pour moi tu es de ceux-là mais j'aime trop jouir et surtout je déteste dormir seule.

Alors dis-moi quand reviendras-tu me déguster à nouveau ?

T'ai-je déjà dit que j'aurais été prête à me perdre avec toi dans les venelles de la vie ?

Et tant pis pour la mémoire des désastres et la voix mineure de nos ancêtres.

Ton retour vaudrait tous les lendemains qui auraient dû chanter.

Ta Myakhda. »

Par Christophe Grossi - Publié dans : Kwakizbak
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Vendredi 3 février 2012 5 03 /02 /Fév /2012 00:01

En acceptant l'invitation de Mathilde Roux je me doutais que notre échange aurait un timbre particulier. Parce que j'aime sa manière d'agencer mots, images et sons et qu'elle a une voix bien à elle, à la fois douce et inquiète, délicate et espiègle, une voix qui compte à mon oreille. Je savais donc qu'elle me proposerait quelque chose d'original et qu'elle m'amènerait là où je n'ai pas l'habitude d'aller. Et c'est le cas. Pour la première fois le texte que nous avons écrit chacun de notre côté ne sera pas à lire mais à écouter. Il suffira de lancer la vidéo. La photo, le texte et le titre D'emblée. Justement sont de Mathilde (idem de mon côté, sur son blog, pour ce que tu n'entends pas). Le thème de cet échange : le "nom/non". Merci à Mathilde que je suis très ému d'accueillir ici pour ma 14e participation aux vases communicants, espace de création et d'échanges littéraires qui ont lieu tous les mois sur le web depuis juillet 2009. Une fois de plus, sans Brigitte Célérier nous aurions été paumés ; grand merci à elle d'avoir tenu à jour la liste des 21 échanges du mois que vous retrouverez ici ou .


 

  Mathilde Roux | D'emblée. Et justement.


 

Par Christophe Grossi & Mathilde Roux - Publié dans : vases communicants
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Mercredi 1 février 2012 3 01 /02 /Fév /2012 09:50

les 180 premières todo listes de Christine JeanneyDepuis le mois de juin 2011, chaque jour Christine Jeanney reçoit à sa demande des photos prises par des internautes, des auteurs, des blogueurs et des photographes. Des photos qui font suite à un pas de côté dans le quotidien et le paysage, à un étonnement. Des photos qu'ils ont prises en pensant à elle, en pensant à ce qu'elle en fera (to do) et à cette liste de quatre occurrences qu'elle imaginera à partir d'elles.

Depuis le mois de juin 2011, toutes les nuits Christine Jeanney publie sur son site une todo liste, c'est-à-dire une photo reçue accompagnée de ses quatre propositions qui toutes (ou presque) débutent par un verbe à l'infinitif ("penser à" le plus souvent).

Depuis le mois de juin 2011, Christine Jeanney a publié près de 220 todo listes, et ce magnifique exercice de style se poursuit aujourd'hui encore.

Il y a quelques jours les 180 premières ont été rassemblées dans un livre électronique chez publie.net sous ce titre énigmatique, Les sirènes on ne les voit pas un couvercle est posé dessus. Et c'est un vrai régal pour moi de retrouver réunis ici ce détour du monde en 180 jours, l'humour si particulier de l'auteur ainsi que ses distorsions et sa langue qui jamais n'abdique, bref : tout ce que nous sommes nombreux à venir chercher chaque matin derrière notre écran. Et magie supplémentaire : à la différence du site il est possible de lire cet ensemble de manière aléatoire grâce au signe ∞ qu'a inséré Roxane Lecomte, créatrice du fichier ePub, au-dessus de chaque photo.

Je figure parmi les 51 contributeurs qui ont participé aux 180 premières todo listes (une moyenne de 3.5 photos par personne). J'en ai adressé trois à Christine (presque la moyenne). Philippe Diaz (alias Pierre Ménard), qui en a également envoyé plusieurs, décrit très bien sur son site, liminaire, cette aventure collective et propose un rebond qui m'a plu. "Pour évoquer cette réjouissante parution, écrit-il, je me suis fixé à mon tour une contrainte de restitution, en partant cette fois-ci des photos que j’avais envoyées à Christine Jeanney, mais sans relire les textes qu’elle a écrit à partir de mes photos, et j’ai choisi de piocher dans ses textes pour écrire mes todolistes et lui rendre ainsi hommage."

Je vais donc copier sur mon voisin adepte des ateliers d'écriture et lister à mon tour, sous chacune de mes trois photos envoyées, quatre phrases tirées de ce recueil, des phrases qui dans le livre accompagnent d'autres photos que les miennes.

Si vous voulez avoir un aperçu de ce beau travail, les premières pages des sirènes on ne les voit pas un couvercle est posé dessus peuvent être consultées ici et téléchargées gratuitement en PDF et en ePub.

Christine Jeanney est un écrivain que j'ai souvent cité ici (notamment parce qu'elle participe régulièrement à la revue d'ici là) ainsi que sur le blog ePagine. Aussi parce que nous avons échangé nos blogs lors des vases communicants. Lisez-la, elle le mérite (c'est un euphémisme).

Et puisque je parle des vases communicants j'en profite pour vous annoncer que j'accueillerai ce vendredi sur déboîtements Mathilde Roux qui a elle aussi a collaboré aux todo listes. Ainsi la boucle se referme. Passons à notre hommage todolisté.



rodin.jpg

• penser les couches successives

• impossible de penser à ce qu’il y a derrière, comme s’il fallait reprendre depuis le début, partir de rien

• lever la tête (tu crois qu’on peut lever la tête, qu’on verra quelque chose, plus loin, qu’il fera jour ?)

• diagnostiquer cette maladie funambulisme aigu, on n’est jamais où l’on devrait rester collé, attrape-moi si tu peux


 

traces_neige.jpg

• penser à profiter du silence

• retenir trace

• penser à une plume deux plumes trois plumes à la volette

• penser l’inquiétude, et si ce monde se perdait, si tout s’évanouissait, volatile comme l’instant ?



todoliste.jpg

• penser à demander comment ça va ? parler plus fort que la musique

• penser à lui dire j’ai bien reçu ton message

• toussoter, dire une banalité, détourner le regard, trop tard car l’image reste, comme une malédiction merveilleuse

• ce qu’il criait on ne savait pas (s’interroger)


 

Christine Jeanney et les 51 contributeurs : Ana Nb - Anne Reverseau - Anne Savelli - Arnaud Maïsetti - Benoît VincentBrigitte Célérier - Brigitte Muairon - Canan Marasligil - Candice Nguyen - Sylvain Esposito - Cécile Portier - Christine Genin - Christine Zottele - Christophe Grossi - Christophe Sanchez - Claude Favre - Dominique Hasselmann - Elizabeth Legros Chapuis - Florence Trocmé - Francis Royo - Franck Garot - François Bon - François Bonneau - Guénaël Boutouillet - Guillaume Vissac - Hervé Jeanney - Jacques Danglejan - Jean Prod’hom - Jean-Yves Fick - Joachim Séné - Kapoia - Kathie Durand - KtyZen - Laure Morali - Laurent Margantin - Louise_Imagine - Lucien Suel - Martine Sonnet - Maryse Hache - Mathilde Roux - Michel Brosseau - Michèle Thiebaud - Nathanaël Gobenceaux - Pierre Chantelois - Pierre Cohen Hadria - Pierre Ménard - Sandra Hinège - Solange Vissac - Sophie Bazin - Tiphaine Touzeil - Xavier Fisselier

Par Christophe Grossi - Publié dans : à contraintes & ateliers
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Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 08:00

kwak67Depuis plus d'une semaine on me demande des nouvelles de Kwakizbak, on me supplie de le retrouver, on m'envoie des poèmes, des lettres d'amour et des dessins ; on est prêt à m'offrir beaucoup d'argent blanchi, un hélicoptère, un diplomate et des escort girls pour le ramener sain et sauf, Kwak Président ! ai-je également lu sur les réseaux sociaux ; on me demande : auriez-vous des indices, une photo récente ? ; on me menace aussi. Mais à tous je réponds la même chose :

— Pas de news non, que dalle, et je ne sais même pas par où commencer.

J'ai bien collé des affiches dans le quartier mais elles ont toutes été arrachées. J'ai passé des annonces dans les journaux locaux mais ils ont tous fait faillite le matin même. Je me suis rué sur Internet, on m'a blacklisté. J'ai squatté le parvis de l'hôtel et annoncé que je démarrais une grève de la faim mais quand un vendeur de chouchous est passé près de moi je n'ai pas pu résister. Un samedi après-midi j'ai arpenté la grande rue dans un sens et dans l'autre en criant mon désespoir à l'aide d'un mégaphone mais à chaque fois on me jetait des pièces, on me demandait de revenir lors de la prochaine kermesse, pour le Carnaval ce serait bien aussi, et on m'a même demandé les coordonnées de mon impresario.

Hier j'ai appelé ses anciennes maîtresses. Seule Myakhda m'a répondu qu'elle lui enverrait un courriel (c'est bien parce que c'est vous, hein ?). Toutes les autres m'ont laissé causer après le bip.

Par Christophe Grossi - Publié dans : Kwakizbak
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Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 08:00

poesie_en_escalier.jpg

ces photos ont été prises dans les escaliers du métro Croix de Chavaux, sortie Place du marché en janvier 2012.

Par Christophe Grossi - Publié dans : des écarts
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