Vendredi 2 décembre 2011 5 02 /12 /Déc /2011 10:53

Nolwenn Euzen est bibliothécaire le jour, auteur de poésie et blogueuse dans la grande menuiserie (quand elle peut). Elle a publié plusieurs textes en revue ainsi que deux livres, Présente (Le dé bleu, 2007) et La Fonction minuscule (in Triages, Tarabuste, 2009) et travaille actuellement à un projet d'écriture intitulé Cours ton Calibre, une série de notes poétiques, décalées et décapantes sur son rapport à l'autre, au quotidien et au monde ainsi que sur ces difficultés. Merci à Nolwenn pour cette invitation à échanger autour de cette phrase : Fouiller ses poches dans le monde. Ma proposition, Métropismes, se trouve ici.


 

nolwenn_euzen

 

 

Nolwenn Euzen | dégringoler les bords


 

 

Je n’ai pas demandé à ma langue de m’apprendre à parler. Elle incise.

 

Ici m’écarte. Je le rattrape.

 

Le geste. Cerveau atrophié. L’emballage du sucre qu’on peine à déplier sur le café du matin. « À demain, c’est sûr  »

 

 

Ce qui ne dans le. Tu voudrais. Passer. Le monde est pour passer, dis-tu. Il a ses. Oui quand tu touches tu sais. Il a ses.

— Passe !

Tu attends qu’il invite. Que sa grande tablée.

Qu’elle rentre. Une cuillère pour.

 

 

Demain je vais. Par.

Et si tous les. Tous. Alors oui. Tous.

 

 

Tous ne t’ont pas entendue. Certains ont dit : « pose ta narine sur le genou ».

Tu n’as pas répondu.

 

 

Il suffit que le monde, son fond de poche dans tes mouchoirs.

Tu penses beaucoup si c’est pour le sentir. Dégringoler les bords.

— Je prends tout. Attrape !

 

 

À quelle heure ? Où ? Ce n’est pourtant pas un rendez-vous. Ce qui va dans le. Fouille. Les étendues.

Souvent je voudrais raconter. Plaquer les lignes à la figure. Qu’elles aillent. Transportent.

Me tisse avec toutes mes cordées.

Dedans c’est pour. Que je ne l’appelle pas.

 

Son indice. Ses plans. Ses tailles. Je m’y imprime.

 

L’oeil. Dans sa bouchée. Nous sommes partout sans insister.

 

 

Le texte de Nolwenn Euzen a été écrit dans le cadre des vases communicants, ensemble polyphonique initié par François Bon via son site Tiers Livre et Scriptopolis. Le principe : le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d'un autre. Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre. Ce beau programme a démarré le 3 juillet 2009 entre les deux sites cités supra ainsi qu'entre Liminaire et Fenêtres Open Space. Une fois de plus, sans Brigitte Célérier nous aurions été paumés ; grand merci aussi à elle d'avoir tenu à jour la liste des 24 échanges du mois que vous retrouverez ici ou .

Par Christophe Grossi - Publié dans : _vases communicants
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